Assemblée Générale des Collectifs victimes de déguerpissements et mal logés du Cameroun Communiqué Final

Yaoundé, 29 Septembre 2016

 

Nous, Collectifs victimes de déguerpissements et mal logés, habitants des quartiers en voie de déguerpissement, mobilisés pour la défense du droit au logement au Cameroun,

Réunies en ce jour du 29 Septembre 2016, dans la salle des conférences de la Conférence Episcopale Nationale du Cameroun et dans cadre du « Tribunal Populaire contre les évictions 2016» cette rencontre nous a permis entre autre de :

    D’écouter les victimes des déguerpissements et d’analyser un ensemble de cas de violations des droits au logement adéquat au Cameroun,

  Contribuer à la mise en place de la chaine de contact (pour alerte contre les exactions et violation de droit au logement) ;

   Contribuer globalement à la mise en œuvre et la réussite du projet ONDAL (Observatoire National du Droit au Logement) ;

      Contribuer à la poursuite de la documentation des cas de violations du droit au logement ;

      Prendre l’engagement afin que la tenue du Tribunal Populaire contre les Evictions soit systématisé ;

      Fédérer les initiatives d’accès au logement et à la terre des collectifs de déguerpis, potentiels déguerpis et mal logés au sein d’une plateforme.

En effet, nous constatons que :

      Le Cameroun, depuis le 27 Juin 1984 est partie au Pacte International sur les Droits Economiques Sociaux et Culturels (PIDESC) ;

 

      L’article 11 du Pacte international des droits économique et social (PIDESC) et plusieurs autres conventions internationales dont le Cameroun est signataire, imposent de recaser les personnes victimes de déguerpissement, titulaires ou non d’un titre foncier ;

 

      Depuis 2006, avec le projet d’assainissement de certaines métropoles de la république, on assiste à une série de démolitions de quartiers ;

 

      De nombreuses destructions de biens meubles et immeubles, pas toujours dédommagées. Des quartiers sont entièrement détruits, des milliers d’habitants perdent leur logement ;

 

      Dans les grandes métropoles telles que : Yaoundé, Douala, et Bafoussam notamment, des quartiers ont été entièrement rasés, des milliers de ménages laissés sans abris dans le cadre de la mise en œuvre de la politique gouvernementale de rénovation du paysage urbain.

 

 

Fort de ces constats :

      Nous réaffirmons notre attachement aux valeurs républicaines et à l’action citoyenne non violente et la matérialisons par notre engagement au sein des groupes et organisations (Alliance Nationale des Collectifs de victimes d’Evictions) devant mobiliser d’autres collectifs de victimes du droit au logement dans les 10 régions du Cameroun afin de contribuer à faire de notre un pays où les droits de l’homme, bien appliqués, donne véritablement sa dignité au citoyen.

 

Nous recommandons aux pouvoirs publics :

 

     Prendre des mesures pour l’arrêt systématique, sur toute l’étendue du territoire national, de toutes les opérations de démolition ou de déguerpissements ne garantissant pas le relogement des personnes concernées.

 

     Le respect des engagements internationaux du gouvernement Camerounais en matière de promotion et de respect du droit au logement adéquat.

     Mettre  en place un cadre institutionnel et des mécanismes favorables pour permettre à chaque citoyen de pouvoir jouir de son droit à un logement décent ou à une parcelle de terre sécurisée ;

       Limiter l’activité des multi nationales exerçant dans le domaine agricole n’a pas manqué d’aggraver le phénomène d’accaparement des terres ;

 

Nous recommandons au RNHC :

     Prendre acte de la décision d’exclure le RNHC et l’Association des Amoureux du Livre (ASSOAL) du CCAIH. (Comité de Coordination de l’Alliance Internationale des Habitants (CCAIH) et de l’AIH (Alliance Internationale des Habitants par les imposteurs ;

     Se joindre à toute dynamique africaine des actions communes pour le droit au logement, l’accès à la terre et la transformation des quartiers défavorisés.

 

Les participants